Ici
Maintenant

Se passer des méditations guidées

Created with Sketch.


La méditation guidée: un obstacle à la pratique?

« Écoutez le doux son de ma voix; vous êtes détendu… Complètement, parfaitement, merveilleusement détendu. Faites taire votre mental pour plonger dans votre intérieur profond qui est calme, paix et félicité, loin du vacarme du (méchant) monde extérieur, loin de la pollution des vilaines pensées envahissantes… »

Je caricature, mais il n’est pas rare que la méditation soit associée à ce type de pratique. Il n’y a pas de mal en soi, mais les méditations guidées constituent bien souvent un obstacle au fait d‘être à tout ce qui est (voir mon article Savoir méditer en 90 secondes). La plupart du temps, elles renforcent l’idée qu’il est agréable / souhaitable de « se sentir bien et détendu » et que les sensations telles que la colère, le stress, l’angoisse sont « mauvaises »; qu’il faut les fuir, les faire taire, les remplacer par de « meilleures » pensées.
Cette approche est révélatrice de jugements et d’un attachement dont on ne peut parvenir à se libérer qu’à la condition de pratiquer avec équanimité (et en silence?).

Le « soucis » des méditations guidées, c’est qu’elles nous ôtent l’opportunité d’être en parfaite paix avec notre mental. La plupart du temps, c’est avec la guidance elle-même que nous nous sentons en paix, pas avec notre mental!

La seule configuration dans laquelle la méditation guidée n’est pas un obstacle à cette paix est lorsque la guidance ne nous fait ni plus ni moins d’effet que le bruit d’une machine à laver, ou de tout autre son perçu lors de la méditation. Faire preuve de ce degré d’équanimité nécessite d’avoir déjà quelques heures de pratique à son actif.

La méditation guidée n’est donc pas un obstacle à la pratique à condition d’avoir déjà une certaine expérience… Et qui a une certaine expérience a tendance à perdre son intérêt pour les méditations guidées.


La méditation guidée… A proscrire définitivement?

La méditation guidée n’est ni bonne ni mauvaise en elle-même. C’est avant tout ce que nous en faisons qui importe. Si nous la pratiquons et que cela nous plait, poursuivons… Sans pour autant nous priver d’expérimenter la méditation en silence.

Je conçois aisément que se retrouver « seul avec son mental » comme cela se produit lorsque l’on médite en silence soit susceptible d’engendrer une certaine appréhension, qui n’est rien d’autre que la manifestation d’une réaction fort naturelle et fort compréhensible d’un égo apeuré, réaction que je vous invite à accueillir avec beaucoup de bienveillance.

Notre égo a besoin de bienveillance, de douceur et de confiance. Le meilleur moyen de lui donner cet amour est de rester en présence de tout ce qu’il exprime, dans une posture d’accueil, de témoin silencieux, d’observateur qui ne juge pas (y compris lorsque ce qu’il exprime est de l’appréhension). A force de pratique, nous serons en parfait accord et en paix avec l’égo, que nous saurons être notre plus précieux (et fidèle!) allié.

Ce n’est qu’en tant que « maître » que l’égo est source de souffrance et qu’il s’oppose à la pratique de la méditation.


Passer aux méditations en silence

Notre meilleur guide est notre mental. Il est 100% gratuit et disponible en permanence (quelle chance!).
Tout ce que nous avons à faire, c’est de nous donner l’opportunité d’en prendre conscience, en nous asseyant simplement en sa présence.
Que nous pratiquions pendant 5 minutes, 30 minutes, 4 heures ou 10 secondes, peu importe.
Pratiquons le temps que nous pratiquons, en absence de tout objectif, en confiance, avec un esprit d’explorateur.
Évitons de nous dire que nous sommes « meilleur » avec les méditations guidées au simple motif que nous restons plus longtemps assis que sans guidance. Ce n’est là que l’une des nombreuses astuces de notre cher et tendre égo apeuré pour nous ôter toute opportunité de faire de lui un allié plutôt qu’un maître. (il ne le sait pas mais il préfère aussi très largement être notre allié que notre maître, c’est bien plus reposant pour lui!).
A force d’expérimenter, nous nous familiarisons avec la foultitude de trucs et astuces de l’égo pour mettre fin (faim?) à notre pratique. Nous finirons probablement même par nous en amuser… Et ça tombe bien, puisque la méditation est une pratique de joie!


Prêt à expérimenter?

Rejoignez-nous sur youtube pour nos méditations quotidiennes en direct (abonnez-vous à la chaine et activez les notifications pour être tenu informé).


Pas prêt?

Parcourez nos autres articles de blog, (par exemple, « méditer, ce n’est pas faire le vide! »), regardez les vidéos de la playlist « enseignements » sur la chaîne youtube, posez vos questions en commentaire ou par mail, commandez le livre des 10 habitudes ou approfondissez avec l’un des ouvrages que nous vous recommandons:

matthieu ricard, l'art de la méditation
Gaëlle Piton, la méditation c'est la vie
Yongey MIngyour Rinpotché bonheur de la méditation

Newsletter

Si vous souhaitez apporter votre contribution au projet wemedit, vous trouverez tous les moyens de le faire en cliquant ici

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *