L’enseignement du Bouddha

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J’utilise fréquemment les termes de souffrance et de compassion. Je tiens ces termes des enseignements du bouddha, qui m’ont beaucoup inspiré. Afin de mieux comprendre ce à quoi je fais référence lorsque j’utilise ces termes, je vous propose une petite introduction au bouddhisme. Dans cet article, nous allons voir ensemble :

  • Les 4 nobles vérités,
  • Ce que le Bouddha entendait par « souffrance »,
  • Ce qu’est la compassion Bouddhique,
  • Un exercice pratique de compassion.

Avant de passer au vif du sujet, petit « rappel »: cet article ne fait que survoler de manière approximative un enseignement d’une grande richesse et d’une grande diversité. Pour être parfaitement compris, apprécié et intégré à sa juste valeur, une étude plus approfondie ainsi qu’une mise en œuvre via l’expérimentation seront nécessaires.

I) Les 4 nobles vérités du Bouddha:

Les quatre nobles vérités énoncées par le Bouddha forment la base de son enseignement :

1) La vérité de la souffrance (dukkha):

De bien des manières, mais en particulier étant donné nos vues erronées de ce que l’on croit être la réalité, nous souffrons.

2) La vérité de l’origine de la souffrance (samudaya):

Les souffrances que nous ressentons existent parce que des causes entraînent leur apparition (principalement notre tendance à conditionner notre bien-être aux circonstances extérieures).

3) La vérité de la cessation de la souffrance (nirhodha) :

Une fois les causes des souffrances déterminées, nous avons les moyens d’agir pour nous en libérer.

4) La vérité du chemin menant à la cessation de la souffrance (magga) :

Suivre le noble sentier octuple mène à la cessation de la souffrance (vision, parole, action, profession, effort, attention et contemplation correctes).

Note de l’auteur: Cette approche du bouddha, vieille de plus de 2 500 ans commence un peu à dater… Pour une approche plus contemporaine, voir aussi « 10 habitudes des gens heureux », par Laurent François haha.

II) Ce que le Bouddha entendait par « souffrance »:

a) Souffrance et « Dukkha » :

Le Bouddha ne parlait pas vraiment de « souffrance » mais de « Dukkha », un terme difficilement traduisible. L’objet de cet article n’est pas de rentrer dans les détails de ces subtilités (pourtant indispensables à la juste compréhension des enseignements du bouddha).

Retenez juste que « Dukkha » n’est ni triste, ni négatif ou pessimiste. Il s’agit plutôt d’un simple constat de la nature de notre existence.

Le Bouddha a identifié sept « Dukkha », répartis en 3 grandes catégories.

b) Les 7 Dukkhas :

  1. naître,
  2. vieillir,
  3. tomber malade,
  4. mourir,
  5. être séparé de ce qui est agréable,
  6. rencontrer ce qui est désagréable,
  7. ne pas obtenir l’objet désiré.
les 7 dukkhas - wemedit

Ces sept dukkha se sont pas mauvais par essence, pas plus qu’ils ne sont souffrance de manière intrinsèque. C’est la vue que nous en avons qui engendre la souffrance. Une vue juste, dénuée de jugements et teintée d’équanimité contribue à nous libérer des souffrances illusoires que nous associons généralement aux 7 dukkha.

c) Les 3 catégories de Dukkhas :

  1. La souffrance de la souffrance (Dukkha-dukkha), ce que nous percevons le plus intuitivement comme étant souffrance : maladie, vieillesse, mort, faim, froid, soif, etc.,
  2. La souffrance du changement (Viparinama-dukkha) : ce qui nous plaît ou nous attire aujourd’hui peut ne plus être source de satisfaction demain – voir aussi mon article sur l’équanimité, le loto et le handicap),
  3. La souffrance inhérente à l’existence conditionnée (Samkhara-dukkha). Un être humain est fait de 5 agrégats en perpétuel changement : matière, sensation, perceptions, formations mentales, conscience. Sans sagesse, la combinaison de ces 5 agrégats nous apparaît sous la forme d’un « Je » permanent et existant par lui-même. Cette vue erronée entraine soif, attachement et appétit insatiable.

III) La compassion Bouddhique:

Élargir notre cercle de compassion pour embrasser toutes les créatures vivantes et la nature entière dans sa beauté […] est en soi une part de la libération et le fondement d’une sécurité intérieure.

Albert Einstein

La compassion Bouddhique est le souhait que la souffrance de tous les êtres prenne fin (la nôtre comprise, cela va de soi!).

Plus notre compréhension de Dukkha est juste, plus notre compassion sera authentique.

Pour faire naître en nous cette compassion, source de plénitude, je vous propose un petit exercice de visualisation créatrice:

I) Engendrez le sentiment de compassion:

Mettez vous en posture de méditation, avec une respiration calme, profonde, et ventrale.

Visualisez un proche dans une situation de souffrance. Faites naître et laissez se développer en vous le souhait que ses souffrances prennent fin. Prenez garde à ne pas vous identifier à la souffrance, qui ne doit servir que de petit « tremplin » pour vous relier à la compassion.

II) Faites rayonner la compassion:

Laissez rayonner la compassion en vous et à travers vous en lâchant prise sur la visualisation de la phase 1. Cette phase, plus contemplative, se rapproche d’un état méditatif, qui peut être maintenu aussi longtemps que bon vous semble.

III) Elargissez votre cercle de compassion:

Étendez ensuite votre sentiment de compassion à : un cercle d’amis, la famille, vos collègues de travail, vos voisins, des inconnus, les plantes, les animaux, etc.

De même qu’avec la pratique de la gratitude, il est indispensable que votre démarche soit authentique et non-forcée. N’élargissez pas votre cercle de compassion au-delà de ce qui vous semble naturel.

Lorsque vous vous sentirez prêt, adressez votre pratique aux êtres :

  • Pour qui vous n’avez aucune affinité,
  • Que vous percevez comme vos ennemis,
  • Qui engendrent de grandes souffrances autour d’eux.

Nota : adresser sa compassion aux êtres qui engendrent de grandes souffrances autour d’eux, ce n’est pas cautionner leurs agissements.

A force de pratique, la compassion devrait passer d’un état nécessitant d’être engendré à une humeur durable mais d’intensité variable pour finir par être intégré à votre personnalité.

IV) Méditation et compassion:

Comme nous l’avons déjà évoqué par ailleurs, la méditation est une pratique d’ouverture au monde. Dédier notre pratique méditative à l’ensemble des êtres sensibles est plus que bienvenu.

A cet égard, Matthieu Ricard, dans L’art de la méditation, nous suggère de prononcer la phrase suivante autant de fois que bon nous semble, à la fin de chacune de nos méditations :

Puisse l’énergie positive engendrée non seulement par cette méditation mais par tous mes actes, paroles, pensées bienveillantes, passées, présentes et futures, contribuer à soulager la souffrance des êtres, à court et à long terme.

Matthieu Ricard

Prêts pour la libération et la sécurité intérieure ? A vous de jouer ! Dites-nous en commentaire ce que vous ressentez lors de cette pratique et de quelle manière la compassion vous touche !

Pour en savoir plus sur le bouddhisme zen et le bouddhisme tibétain, nous vous recommandons :

Introduction au bouddhisme Quéshé Kelsang Gyatso
Sagesse du bouddhisme tibétain Dalaï-lama
le bouddhisme zen Allan Watts

Merci d’avoir lu cet article!

Ne manquez pas nos prochaines parutions!

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